Dutchman

En présence d'eau et d'oxygène, le bois s'abime. Pour ne pas changer des pièces complètes qui sont parfois de très grandes dimensions, on peut procéder à des réparations partielles : les Dutchmans. Ariel, comme tout bateau en bois, a son lot de petites sections pourries à remplacer. Fort heureusement, j'ai été épargné par le sort, celles-ci sont rares et de petites dimensions — à l'exception notable des surfaces qui n'étaient pas stratifiées. J'ai donc déjà effectué plusieurs de ces petites réparations qui sont assez amusantes à faire. Fabriquer une pièce de puzzle sur mesure en trois dimensions est assez difficile et demande de très nombreux ajustements.

Les Dutchmans peuvent aussi servir à boucher des trous dont on ne veut plus. C'était le cas de la sonde de profondeur dont la cavité a été comblée par une pièce d'iroko. Ce fut également le cas de l'ancienne cheminée du chauffage à pétrole qui se trouvait dans la cabine. Comme je souhaite de toute façon déplacer ce chauffage dans la soute arrière, le changer par un chauffage diesel et repeindre le pont à l'été 2023, il fallait boucher le trou de la cheminée. Enfin, le dernier trou concernait un nable placé sur les élongis séparant l'étrave de la bite en iroko. Ces élongis ne figurent pas sur le plan, ils permettent peut-être de ménager les deux ouvertures de la baille à mouillage. Le nable permettait de passer le câble de la télécommande du guindeau dont la prise se trouve dans la baille à mouillage, contre la cloison de la cabine avant. J'ai décidé de refermer ce passage, car il était sur le chemin de la chaîne. Il sera possible soit de ménager une nouvelle ouverture mieux située directement sur un des panneaux de la baille à mouillage, soit d'y placer deux boutons à pied pour remplir la même fonction.

Pour le trou de la cheminée, j'ai taillé une marche d'escalier pour que la pièce rapportée ne fasse pas toute l'épaisseur du pont.
Pour le trou du nable de la baille à mouillage, il fallait reprendre beaucoup plus d'épaisseur, car les élongis s'ajoutaient au pont.
J'ai donc commencé par tailler un cylindre d'iroko.
Puis, il a fallu patiemment l'ajuster au trou.

De nombreuses petites sections de bois vraiment abîmées se découvrent petit à petit. Certaines sont évidentes, mais d'autres sont beaucoup plus discrètes et ne se découvrent que lors des travaux. Les extrémités des hiloires du cockpit avaient complètement disparu et une partie de la paroi extérieure de l’hiloire bâbord avait pourri. Les surfaces horizontales sont moins profondément abîmées, mais beaucoup plus étendues, le passavant bâbord et le banc de cockpit tribord étaient concernés. J'imagine que sur les surfaces verticales, l'eau s'en écoulait plus facilement, alors qu'elle se glissait entre les feuilles horizontales de contreplaqué des surfaces horizontales. À chaque fois, les étapes sont les mêmes : découpe de la partie pourrie jusqu'aux berges saines, fabrication du dutchman, collage à l'epoxy, statification et enduit, poncage et peinture.

Les hiloires du cockpit prolongent ceux du roof, il s'agit d'une unique pièce en contreplaqué acajou 28 mm fabriqué spécialement
Réparation de l'extrémité des hiloires
Le pont est lui construit en contreplaqué acajou de 15 mm, mais la réparation ne fait que 4 mm d'épaisseur, je n'ai donc remplacé que la partie superficielle
Dans le cockpit, l'axe du vérin du pilote automatique a fait un trou dans le banc tribord au fil du temps. Ce trou de 10mm a été un porte d'entrée pour l'eau qui a pourri le contreplaqué. Réparation peu étendue, mais plus profonde que sur le passavant.
D'abord, trouver les berges saines.
Puis, découper une forme géométrique facile à tailler dans du contreplqué.
Pour certains petits trous, il suffit de fabriquer une cheville en iroko du bon diamètre et de la coller.

Un travail assez fastidieux m'attendait pour rénover les pavois. En effet, ceux-ci sont constitués d'un parement en bois massif collé sur du contreplaqué. Celui-ci a assez bien vieilli sans être stratifié, sans doute à cause de sa position verticale. Néanmoins, il avait pourri au niveau des écubiers, ces ouvertures qui permettent à l'eau de s'écouler du pont. J'ai choisi de remplacer ces sections pourries par des pièces de sipo massif, espérant ainsi les rendre plus durables.

Après collage et peinture, les réparation s'intègrent très bien au reste du pavois.

Après avoir restauré l'extérieur des hiloires de cockpit (voir la page "réparations de grandes surfaces") et pris la décision de clore des deux trous ronds dans lesquels étaient placés les compas, il fallait refermer les cavités par l'intérieur. Un premier dutchman de la forme du trou compense l'essentiel de l'épaisseur, tandis qu'un second dutchman, carré, permet de retrouver le plan d'origine.

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