Assèchement, choisir sa pompe de cale automatique
L'assèchement sur Ariel
À l'origine, les moyens d'assèchements étaient fort nombreux et bien pensés. Il y avait en fond de cale deux dérivations de la pompe eau de mer du moteur — une par passe coque —, la pompe règlementaire située dans le cockpit, une dérivation de la pompe de vidange de la douche et une pompe électrique à déclenchement automatique. Ce total de cinq moyens d'assèchements dont 4 complètement autonomes des autres ne doit pas se rencontrer sur beaucoup de voiliers de cette taille. J'ai particulièrement apprécié les dérivations de la pompe eau de mer du moteur, car, en dehors des situations d'urgence, elles rendent extrêmement facile l'hivernage du moteur. En effet, on peut les utiliser pour pomper le glycol antigel dans les conduites de refroidissement en fin de saison.
En dehors de l'entretien des différentes pompes et de quelques conduites bouchées, le seul vrai problème était la pompe de cale automatique. Celle-ci, de type immergé, était complètement grippée.
Choisir une pompe de cale automatique
Le choix de la pompe de cale automatique se décompose en trois grands ensembles : la pompe centrifuge immergée, la pompe volumétrique à membrane et la pompe volumétrique à rotor souple. Chacune de ces possibilités a ses avantages et ses inconvénients.
La pompe kinétique centrifuge est le choix le plus courant. Elle a l'immense avantage d'offrir le plus gros débit pour une intensité électrique modérée. En effet, c'est un simple rotor qui, comme une turbine, déplace une très grande quantité d'eau. Simplement, cette conception impose que cette turbine soit immergée, elle n'a aucun pouvoir d'autoamorçage. Elle doit donc être au contact direct de l'eau. Et bien entendu, cela entraîne son lot de complications. Dans mon cas, la base en aluminium à travers laquelle passe l'axe de la pompe avait subi une corrosion galvanique assez sévère. Les joints toriques assurant l'étanchéité du moteur n'y avait pas résisté et la partie électrique était complètement corrodée.
La pompe volumétrique à membrane est du même type que celui des pompes souvent utilisées pour mettre le circuit d'eau potable du bateau en pression. C'est la pompe la plus étanche et la plus fiable dans le temps. Les membranes sont en effet très durables car elles sont soumises à des mouvements très réduits. Elle peut s'autoamorcer comme toutes les pompes volumétriques, mais c'est la pompe qui a le plus faible débit et celle qui est la plus sensible aux débris. Elle doit absolument être précédée par un filtre très fin.
Enfin, la volumétrique à rotor souple offre un bon compromis. Elle a un bon débit, bien que largement inférieur à celui d'une pompe immergée de même puissance, elle est plus tolérante aux petits débris que la pompe à membrane et bien que le rotor souple soit moins durable que les membranes, la pompe continuera à fonctionner avec un rotor abîmé. Il suffit donc de contrôler régulièrement le rotor qui est beaucoup plus accessible que les membranes d'une pompe du même nom.
C'est donc le choix que j'ai fait pour Ariel. Il s'agit d'une pompe Marco UP1. Elle pompe 45 litres à la minute pour une puissance de 168 Watts (7 ampères en 24 volts dans mon cas). À titre d'exemple, une pompe immergée beaucoup moins puissante et de prix équivalent, comme la Rule 2000 (4 ampères pour 24 volts) a un débit de 135 litres à la minute. C'est gigantesque ! Le débit d'une pompe à diaphragme de même puissance (4 ampères pour 24 volts) comme la Geiser chute à 18 litres par minute. La jabsco ParMax, pompe à membrane, a un débit de 16 litres par minutes pour la même puissance (4 ampères pour 24 volts). En renversant le problème, une pompe à diaphragme au débit de 30 litres à la minute est un monstre 4 fois plus volumineux et 6 fois plus cher que la Marco UP1.
Dans mon cas cependant, la pompe immergée d'origine était moins puissante (6 ampères pour 12 volts) et le débit de la Marco UP1 sera sans doute équivalent. 45 litres par minute est déjà un très gros débit.
Les autres éléments d'un assèchement automatique sont les interrupteurs et le tableau de commande. La sécurité veut que l'alimentation de la pompe et de ses éléments contourne le coupe-circuit des batteries. Elle est donc indépendante du tableau de distribution électrique. Le panneau de commande permet d'avoir trois éléments au même endroit : le fusible ou disjoncteur, le sélecteur et l'alarme. Le fusible ou disjoncteur protège la ligne électrique, le sélecteur permet de choisir entre une alimentation manuelle de la pompe et une alimentation automatique déclenchée par l'interrupteur de fond de cale. Les interrupteurs de fond de cale sont généralement au nombre de deux. Le plus bas déclenche la pompe, le plus haut déclenche l'alarme. Ainsi, une petite quantité d'eau présente en fond de cale est simplement pompée. Une plus grosse quantité d'eau déclenche l'alarme pour que l'équipage prenne des dispositions. Les interrupteurs sont de deux types. Les plus simples sont de simples flotteurs, les plus sophistiqués sont des interrupteurs électroniques à contact. Les premiers n'ont que deux conducteurs, mais possèdent des pièces mécaniques. Les seconds ont trois conducteurs dont une masse pour alimenter l'électronique, ils n'ont aucune pièce mécanique et sont complètement scellés et étanches.
Dans Ariel se trouvaient deux interrupteurs électroniques à contact Quick Bilge Switch 010. Ils sont de très bonnes qualités et je ne prévois pas d'en changer s'ils fonctionnent. Notamment, ils ont une temporisation de 6 secondes pour le déclenchement et de 20 secondes pour l'extinction. Ainsi, ils ne se déclenchent pas intempestivement, mais font tourner la pompe 20 secondes après la fin de la détection d'eau pour assurer le meilleur assèchement possible. Il faut donc s'assurer du temps que la pompe peut tourner à vide lorsqu'on utilise ces interrupteurs.
Le panneau de commande d'origine venait du commerce, il était monté sur un panneau de bois qui accueillait également l'anémomètre. J'ai supprimé tous ces éléments et je profite du renouvellement des trois panneaux de distribution électrique pour intégrer les commandes et l'alarme de la pompe de cale à l'un d'eux.
J'ai profité de l'intervention pour restaurer et repeindre les compartiments les plus profonds de la cale. Bien m'en a pris, car les anguillers qui permettent à l'eau de contourner l'obstacle que constituent les varangues étaient encombrés et dans un cas, rempli de joint polyuréthane. L'eau s'écoule désormais librement.















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